
Dans la vie quotidienne, chacun hésite souvent entre deux choix contraires; le choix de valeur est ainsi un choix de priorité.
Ces choix sont comme des carrefours par où passent tous les décideurs et tous les philosophes.
Et s'il n'y avait au fond qu'un petit nombre de critères fondamentaux de choix qui inspireraient à la fois nos décisions quotidiennes et les grands systèmes philosophiques?
Et si, grâce à une démarche adaptée, un parcours de réflexion, ces critères, sortes de grands carrefours pouvaient être découverts par chacun à partir de sa propre vie.
Lors de plusieurs parcours en France et dans divers pays, Inde Chine, Japon, Afrique, Brésil, les participants ont très souvent découverts les mêmes critères fondamentaux, exprimés sous forme de dualités, ce qui tend à confirmer cette hypothèse.
Un et Multiple
Être et Avoir
Moi et l'Autre
Mobile et Immobile
Subir et Choisir
Liberté et Contraintes
Cette hypothèse est présentée dans l'ouvrage "La Relation ou la dynamique des contraires" réédité en 2002.
Elle pourrait se révéler utile, dans le cadre de la mondialisation, pour les échanges transculturels concernant le développement et l'économie et en réponse aux questionnements et aux recherches actuelles sur les valeurs universelles.
Ces "dualités", qui identifient les carrefours, peuvent servir comme des panneaux indicateurs en indiquant les routes possibles et où elles conduisent.
En effet, pour chaque carrefour et chaque dualité, il n'y a en fait que quatre routes.
Exemple : la dualité Un et Multiple
La route 1, priorité absolue à l'un La route 2, priorité absolue au multiple. La route 3, priorité relative à l'un. La route 4, priorité relative au multiple.
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Cette voie nouvelle exige un autre type de raisonnement, une autre façon de poser les problèmes, un autre processus de décision.
Tout choix, toute décision demandera :
1. Une vision claire, réfléchie, commune, de ce but (le problème à résoudre).
2. La recherche de la relation fondamentale sous-jacente à ce problème.
3. L'élaboration de deux scénarios suivant que l'on donne la priorité absolue (ou relative) à l'un des deux termes.
4. Le choix de la priorité déterminera la valeur qui inspirera "jugement" et "conduite" dans les choix.
5. De cette valeur découlera l'éthique (normes, règles, lois) comme il a été expliqué plus haut.
Voici quelques exemples de ces scénarios possibles.
Plus que les intitulés, c'est la logique qu'il faut saisir.
Ces graphiques doivent être lus de bas en haut…. du problème vers le but.
Dans chaque scénario, on a distingué deux parties :
En bas, la logique du choix de la priorité relative. Les deux termes se font exister.
En haut, la logique du choix de la priorité absolue où les deux termes s'excluent.
Les conséquences que nous avons notées sont là à titre indicatif.
L'essentiel de ces exercices est de permettre de mieux comprendre la "dynamique des contraires".
Exemple 1 :

Si le Président des Etats-Unis refuse de signer le traité de Kyoto sur l'effet de serre et la réduction de la pollution, quand les USA produisent 40 % de la pollution mondiale, alors il ne faudra pas s'étonner de voir se multiplier tempêtes, inondations, montées des eaux de la mer et disparition de territoires entiers.
Ce sera logique, le moi ne peut se passer de l'autre.
Exemple 2:

Si en 1968, il a été proclamé qu'il était "interdit d'interdire", si la permissivité a envahi l'éducation, alors il ne faut pas s'étonner, après 30 ans, de voir exploser la violence des jeunes, privés de tout repère.
C'est logique, pas de liberté sans contrainte.
Si l'insécurité actuelle n'est attribuée qu'aux jeunes et aux étrangers, si le remède est limité aux seuls renforts de police, alors le problème ne sera pas résolu car c'est la société globale qui est atteinte dans sa racine la plus profonde, la relation.
La contrainte de l'autre est nécessaire à la liberté.
Exemple 3 :

Et si les pays des Balkans, et si Isra‘l, les Palestiniens avec les autres pays du Moyen Orient, et si l'Afrique et ses ethniesé au lieu de se regarder face à face en se déchirant, regardaient ensemble un but commun, devenir ensemble des continents, capables de dialoguer avec les grands acteurs du monde, alors les conflits, les guerres sans doute, auraient des chances de s'arrêter.
Ce serait logique, le multiple n'existe qu'en référence à l'un.
Exemple 4 :

Si l'argent devient de plus en plus le critère quasi absolu des transactions entre les hommes, les entreprises, les nations, alors il ne faudra pas s'étonner si un jour un accroc imprévu dans le réseau mondial informatisé des informations, provoque un "crac", une sorte de mur de Berlin de l'argent.
Ce sera logique, pas d'avoir sans être.
Si, dans nos société occidentales, on pousse la jeunesse (et les autres) à consommer (avoir) de plus en plus de biens de toutes sortes, alors il ne faut pas s'étonner que ce surcroît”t d'avoir multiplie les suicides pour ceux qui auront perdu leur "raison d'être".
Sans raison d'être, quel sens donner à l'avoir ?
Exemple 5 :

Si les organismes financiers, responsables de l'aide au Tiers Monde ne mesurent leurs aides qu'au regard de seuls critères quantitatifs (mesurables), alors il ne faut pas s'étonner de la disproportion constatée entre les moyens distribués et les résultats obtenus.
C'est logique, la mobilité puise sa force dans l'immobile (valeurs relations), le développement est qualitatif.
Si on pense que toute découverte est nécessairement bonne, que liberté absolue doit être laissée aux chercheurs et aux utilisateurs, alors il ne faudra pas s'étonner si personne, demain, ne pourra arrêter le clonage humain et autres dérives.
C'est logique, le mobile ne peut se passer de la permanence des valeurs.
